Les formations en entreprise visent-elles à créer des employés aux cerveaux de morts-vivants ?

Introduction : statut social et identité sociale

Souvent, lorsque vous rencontrez de nouvelles personnes, on vous demande “ce que vous faites”. Les gens s’attendent à ce que vous répondiez “Je suis [profession]”. Bien sûr, cette question vise à définir votre “statut”. Si vous êtes avocat, il y a des chances que votre statut de richesse soit plus élevé que si vous êtes moine. J’ai délibérément utilisé le moine pour vous montrer que le statut de richesse n’est pas le statut social : dans de nombreux pays, être moine est un statut social plus élevé que celui d’avocat (bien que je ne sache pas lequel de ces deux métiers est le plus ennuyeux !).

Nous pouvons comprendre que le statut de richesse n’est qu’une partie du statut social (position par rapport à celle des autres), et le statut social n’est qu’une partie de votre identité sociale. Le statut de richesse peut être hérité. Comme je le prétends depuis des années, il y a trois types d’expatriés : les professionnels, envoyés par leur entreprise dans un pays ; les aventuriers, qui trouvent un pays qui en vaut la peine et luttent pour y trouver un emploi ; et les dilettantes, les fils-à-papa qui cherchent une raison d’être tout en dépensant l’argent de leur famille. Le statut social peut être conquis : il existe plusieurs exemples de philanthropes, d’écrivains, d’artistes, d’athlètes qui ont acquis un statut social élevé grâce à leurs réalisations (même si, pour des athlètes ou des écrivains mondialement célèbres, par exemple, le statut de richesse et le statut social peuvent être intriqués). Qu’en est-il de l’identité sociale ?

Identité sociale

Définition

L’identité sociale diffère de l’identité (vidéo courte sur l’identité ici). Même si nous pouvons définir l’identité sociale de manière obscure (comme ici), je préfère la définition de How Stuff Work : “L’identité sociale se rapporte à la manière dont nous nous identifions par rapport aux autres en fonction de ce que nous avons en commun.” L’identité sociale fait partie de votre propre culture, héritée et cultivée.

Votre vie professionnelle ne doit être qu’une partie de votre identité sociale

Il est courant d’entendre que beaucoup d’entre nous passent 8 ou 10 heures au travail, 5 ou 6 jours par semaine. En suivant cette hypothèse habituelle, nous devrions, ou nous devrions, considérer ce temps comme une partie importante de notre vie et le considérer comme la principale composante de notre identité sociale.

Mon point est que les plus chanceux de notre monde, ceux qui étudient et bénéficient d’une pension de retraite, commencent à travailler (à temps plein) au milieu de la vingtaine et prennent leur retraite vers l’âge de 65 ans, soit environ 40 ans de vie active. Les citoyens des pays les plus avancés vivront plus de 82 ans. Cela signifie qu’ils auront au moins 42 ans de leur vie à ne pas travailler. Les gens travaillent généralement 5 jours par semaine, 52 semaines par an, en moyenne 37,2 heures par semaine (OCDE et OCDE). Cela signifie qu’en moyenne, nous ne passerons que 10 % de notre vie entière au travail !

Ne devrions-nous pas alors considérer que seulement 10 % de notre identité sociale pourrait être définie par notre carrière ?

La personnalité est une affaire individuelle

La personnalité décrit vos schémas uniques. Nous savons maintenant que les connexions de notre cerveau sont en grande partie uniques, même si nous sommes 8 milliards de personnes sur Terre. En fait, nous avons généralement 100 milliards de neurones dans notre cerveau (oui, même vous !) et on considère qu’il y a 10 000 milliards de synapses (connexion entre le terminal d’un neurone et soit un autre neurone, soit un muscle, soit une cellule glandulaire, par lesquelles passent les impulsions nerveuses) dans seulement un centimètre carré de notre cerveau. Votre carte de connexions neuronales est unique. C’est pourquoi vous êtes vous, et c’est pourquoi même les jumeaux n’ont pas des comportements strictement identiques à 100 % du temps.

La stupidité des “X traits des grands leaders”

C’est la raison pour laquelle vous enseigner les traits des “grands leaders” pour faire de vous un leader est la plus grande stupidité sur Terre. Soyons clairs : ce n’est pas stupide pour ceux qui veulent vous vendre leur “formation en leadership” grâce à cet argument. C’est stupide de votre part de le croire ! Vous pouvez manger la même chose, porter les mêmes vêtements, imiter n’importe lequel de leurs comportements : vous ne serez jamais Warren Buffet ou Elon Musk. Parce que tout ce qu’ils font, tout ce qu’ils pensent, tout ce qu’ils imaginent provient de leur cerveau (il m’a fallu du temps pour réaliser cela !), et leur cerveau est constitué de leurs connexions neuronales, construites grâce à leur histoire de vie : ce qu’ils ont appris et comment ils l’ont traité, ce qu’ils ont ressenti, enduré, détesté, mangé, bu, fumé ou inhalé… Vous ne pouvez pas être un autre unique que vous-même. Les traits qui feront de vous un grand leader sont liés à votre personnalité, pas à celle des autres : vous pouvez avoir le package complet, les 10 traits de Musk, tout en étant un leader médiocre, pour toujours !

Les bonnes habitudes et quitter la zone de confort

Ce sont deux autres stupidités que nous lisons très souvent de la part de “(im)posteurs de pensées” sans discernement. Comme je le répète souvent, lorsque vous amenez un chat dans une nouvelle maison, il trouvera un endroit pour se cacher, puis élargira sa zone de confort jusqu’à ce qu’il se sente chez lui. Notre cerveau est conçu pour développer des routines. Nous savons maintenant que les nomades préhistoriques ne vagabondaient pas : ils suivaient des itinéraires ! Parce que nous ne pouvons pas vivre perpétuellement dans un environnement stressant. Donc, “quitter votre zone de confort” est une incantation sans fondement de managers, signifiant simplement : “que cela vous plaise ou non, faites-le parce que je vous le dis”. Ce qui est “amusant”, c’est que les mêmes personnes qui vous disent de “quitter votre zone de confort” sont les mêmes qui vous disent d’adopter de “bonnes” habitudes. ET ALORS ? Soyons logiques : si vous développez des habitudes, bonnes ou mauvaises, vous développerez une zone de confort. Pourquoi diable développeriez-vous des habitudes simplement pour en partir en même temps que votre “zone de confort” ? Soit vous développez une routine, soit vous errez partout pour vous assurer de toujours vous sentir en danger : sauf si vous avez un trouble dissociatif, vous ne pouvez pas faire les deux !

Formations en leadership

Je peux voir de nombreux programmes de formation ou de coaching proposant ce type de demandes contradictoires ou essayant de plier votre propre comportement pour servir des besoins supérieurs. Par “supérieurs”, vous pouvez comprendre les entreprises, car ce sont elles qui paient. Et c’est la principale raison pour laquelle les formations en leadership ne fonctionnent pas. La deuxième raison principale pour laquelle elles ne fonctionnent pas est que bon nombre d’entre elles sont basées sur des statistiques biaisées. Habituellement, les grandes entreprises envoient des études à leur vaste réseau et posent des questions aux “leaders”, en supposant que si vous êtes un cadre d’une entreprise du top 500, cela signifie que vous êtes un grand leader. Cela reste à prouver ! Ensuite, et ici, nous oublions que votre cerveau n’est pas le cerveau des autres, il y a un manque fondamental dans les protocoles : la corrélation ne signifie pas la causalité. Autrement dit, êtes-vous un grand leader parce que vous cochez certaines cases, ou cochez-vous certaines cases parce que vous êtes un grand leader ? Vous pouvez observer ce point faible dans de nombreuses études pseudo-scientifiques. Une véritable étude pourrait interroger les leaders sur leurs habitudes lorsqu’ils entrent dans un rôle, puis les interroger des années plus tard, lorsqu’ils réussissent ou échouent.

Pour contrer cette inconduite irréfléchie, les entreprises ont développé trois types de formations en leadership :

Type 1 : formations en gestion

Ces formations en leadership regrouperont des concepts de gestion et des banalités. Ce sont des tentatives de super-micro-MBA. Le problème ici est que l’Administration des Affaires n’est pas du leadership.

Type 2 : imitation de leaders charismatiques

Généralement, ces formations sont basées sur l’expérience personnelle d’un leader à succès. Vous êtes formé pour être un bon imitateur et singer la personne charismatique (voir les paragraphes précédents).

Type 3 : magies, gourous, sectes

Pour ceux qui veulent dispenser des formations en leadership sans avoir la moindre idée de ce que cela pourrait être, il existe de multiples solutions grâce à des philosophies ou religions exotiques, parmi les plus populaires, la pleine conscience ou “les quatre accords” de Don Miguel Ruiz. J’ai lu ce dernier livre. Le point positif est qu’il est court et facile à lire. Les points négatifs sont qu’il est affreusement écrit, que ce n’est qu’une collection de banalités, et qu’en plus, le “savoir” de ce gourou lui est venu par “révélations divines”. Bon, vous êtes libre, d’accord, mais sérieusement… Le leadership par révélation divine ?!

Pourquoi vous devriez rechercher des formations centrées sur la personne

Formations de zombies

Je suppose que vous avez regardé “The Walking Dead” ou “Fear the Walking Dead” ou “Game of Thrones” ou au moins l’un des nombreux films avec des zombies. Vous êtes probablement familier avec les zombies. Les zombies suivent les bruits, se rassemblent généralement en troupeaux, n’ont pas de personnalité. Nous ne savons généralement pas pourquoi ils marchent, mais ils marchent. Ou peut-être errent-ils. Dans Game of Thrones, le dirigeant des “Marcheurs Blancs” (le Roi de la Nuit) est le seul à penser. Dois-je vraiment pousser plus loin la métaphore, ou vous avez compris le message ?

Il est toujours agréable de s’évader du bureau, de profiter d’un déjeuner gratuit et de rencontrer de nouvelles personnes. Cependant, vous devez vous demander à quoi sert cette formation ou ce coaching : cela vous permettra-t-il de développer vos compétences de manière générale, ou est-il strictement axé sur l’entreprise ? Coacher ne doit jamais viser à faire entrer les gens dans des cases, mais à élargir leur conscience d’eux-mêmes et à développer leurs compétences. Lorsque vous suivez une formation axée sur une personnalité charismatique, par exemple, vous n’élargissez pas vos horizons : vous essayez de devenir un avatar de cette personne. Comme je l’ai dit ci-dessus : c’est impossible. Lorsque vous suivez une formation qui ne vous expose pas aux diverses opinions sur un sujet, aux différences de méthodologies, aux discussions ou aux désaccords, lorsque cette formation vous dit “c’est comme ça que ça marche, faites-le comme ça, parce que nous détenons la vérité”, vous devenez un zombie, un adepte d’une secte qui ne pense pas par lui-même et laisse le Roi de la Nuit résonner dans son cerveau.

Jusqu’à présent, personne n’a découvert la vérité ultime dans aucun domaine du développement professionnel : il y a de la place pour développer votre propre philosophie.

Formations centrées sur la personne

Nietzsche disait que la philosophie n’est qu’autobiographie. Je crois que lorsque vous vous inscrivez à une formation ou à un coaching, vous devez développer votre propre philosophie du travail, définir votre propre identité sociale, et ne pas vous conformer à l’opinion d’une entreprise. C’est pourquoi je dis aux leaders dès le début de mon accompagnement que mes formations en leadership et mes coachings ne visent pas à leur apprendre quoi que ce soit sur la gestion ou le leadership : ils en savent généralement plus que moi sur ces sujets. Nous nous concentrons sur eux et sur leur environnement de travail préféré (qui doit souvent être défini) et sur leur style, que ce soit en matière de leadership ou d’interculturalité.

Parce que nous voulons travailler avec vous non seulement sur les 10 % de votre vie passée au travail, parce que nous croyons que vous avez les meilleures solutions pour votre situation. Et surtout, parce que nous voulons vous aider à développer la carrière qui rendra votre vie meilleure !

Joyeux Halloween !

Soyez heureux, c’est un ordre!

Je propose à votre sagacité sans bornes cet excellent reportage d’ARTE, “le business du bonheur”, préambule à quelques articles que j’avais en réserve sur les injonctions au bonheur en entreprise. Injonctions qui permettent de dédouaner les acteurs exogènes de leur responsabilité sur une partie (ou la totalité, si vous n’avez pas de chance) de votre bonheur. Après tout, si je prétends vous aider à trouver la carrière qui rendra votre vie meilleure, autant aborder le sujet du “meilleur” et donc du bonheur tout en démystifiant les solutions clés en main des néo-gourous.

Comme je l’ai annoncé, dans la prochaine infolettre, je parlerai de la psychologie positive, de son échec flagrant et du résultat de cet échec: le fameux Quiet-Quitting.

C’est le moment ou jamais pour vous inscrire à cette magnifique infolettre qui vous permettra de devenir riches, célèbres, beaux, qui ramènera votre amour perdu en moins de 72 heures et guérira vos aphtes. Et c’est ici:


Mais arrêtez de chouiner, à la fin!

Les humains se considèrent comme des êtres rationnels alors que ce sont des êtres rationnalisant : une fois qu’ils ont fait quelque chose, ils sont capables de trouver des raisons rationnelles a posteriori pour justifier ce qu’ils ont fait. Il ne faut pas cependant confondre ce trait avec la capacité à se trouver des excuses : des raisons toutes pourries données par les gens pour justifier qu’ils n’aient pas fait ou qu’ils aient écoué à faire quelque chose.

Parmi ces nombreuses excuses, il y en a une très populaire dans mon métier, notamment sur LinkedIn : les recruteurs sont trop exigeants, ils demandent trop de qualification, ils veulent des années d’expérience pour des postes de débutant, ils ne donnent aucune chance… Et c’est la raison pour laquelle les malheureuses victimes, les candidats, n’obtiennent pas d’emploi. Cela pourrait être une histoire réconfortante pour faire dormir les enfants. N’est-ce pas, d’ailleurs un conte de fées beau mais triste, qui vous fera vous sentir mieux et déresponsabilisé de vos échecs ?! Eh ben oui !

Hélas, la triste vérité est que la principale raison pour laquelle vous n’obtenez pas d’emploi n’est pas parce que les recruteurs sont mauvais et font tout ce qu’ils peuvent pour que vous n’en ayez pas un (mais peut-être que je me trompe et qu’ils conspirent secrètement contre vous!), mais bien parce que vous cherchez d’une mauvaise manière.

Au lieu de vous blâmer (comme vous le faites avec les recruteurs : honte à vous !), je vais vous donner un coup de main. Il y a trois choses que vous devriez faire si vous voulez trouver un emploi et que je vous soupçonne de ne pas faire:

  1. Faire des candidatures spontanées. Je comprends qu’il soit facile de simplement faire défiler les pages d’offres d’emploi : c’est plus facile que de torturer notre cerveau avec un vrai travail. De nos jours, les sites d’emploi ont même rendu les choses encore plus faciles avec la possibilité du « easy apply » : 2 ou 3 clics, et vous avez postulé à un emploi. N’est-ce pas fabuleux? Ma réponse est… Non! Les offres d’emploi ont un très mauvais retour sur investissement à moins que vous ne correspondiez à 100% des exigences (à quand remonte la dernière fois que vous ayez atteint ce score?). Si ce n’est pas le cas, vos chances sont proches de zéro, car vous ferez face à 50, 100 ou 500 concurrents. Peut-être serez-vous aussi digne de ce travail que les autres, mais un recruteur humain moyen gardera 10, 20 ou peut-être 30 CV (dans ce dernier cas, la personne est certainement stakhanoviste!) ce qui signifie que si vous avez répondu trop tard et que vous êtes le 31ème, votre candidature sera rejetée tout comme 100, 200 ou 300 autres. Ne parlons pas des bots qui filtrent les candidature à travers des critères non pertinents, des offres d’emploi qui ne sont en fait que des annonces d’emploi sans emploi derrière, ou d’un moyen de remplir les fichiers, ou tant et tant de raisons pour lesquelles les offres d’emploi sont un outil inutile pour 90% des demandeurs d’emploi.

  2. Cibler les entreprises auxquelles vous allez postuler. L’envoi de candidatures spontanées est indispensable, mais vous devez les envoyer aux bonnes entreprises. Il est absolument nécessaire de comprendre quelle est votre proposition de valeur et quel type d’entreprise elle pourrait intéresser. Les entreprises qui pourraient être intéressantes pour vous ne seront d’ailleurs peut-être pas les plus célèbres ou les plus populaires (cela signifie que cibler les entreprises ne signifie pas copier/coller les entreprises Fortune 500 de votre liste cible). Trouvez la correspondance entre vos compétences, vos intérêts, vos qualités, vos valeurs et celles des entreprises que vous étudiez. Vous n’avez pas besoin d’en trouver des centaines : si vous avez fait une excellente recherche, 10 entreprises suffiront pour trouver votre prochain employeur. Sur une recherche moins stricte, votre prochaine entreprise sera sur une liste de 50 entreprises (et si vous faites une recherche complètement merdique… Oubliez de trouver un emploi : allez à la pêche). Essayez de comprendre au mieux quelles sont les tendances, les enjeux, les projets des entreprises que vous étudiez et envisagez de rejoindre. Ensuite, demandez-vous comment vous vous intégreriez dans cette organisation. Personne ne vous demande de révolutionner la structure mais simplement de comprendre où pourrait être votre place dans cette organisation, et de montrer un réel intérêt.

  3. Faire le suivi. C’est l’ultime déclencheur de crises de chouinerie: « les recruteurs ne répondent pas à ma candidature ! » Mais pourquoi ne faites-vous pas le suivi par vous-même? Vous avez envoyé un courriel de candidature, VOUS devez contacter l’entreprise dans les 3 jours (max) pour vérifier que votre e-mail ne s’est pas bêtement retrouvé dans des spams. Cela vous permettra de connaître le statut de votre candidature, le processus de recrutement, le(s) nom(s) des responsables. Cela montrera également que vous vous sentez impliqué et que vous ne vous contentez pas de spammer le bouton « appliquer ». Croyez-moi, il est assez rare que les candidats le fassent et si vous voulez vous démarquer, c’est un bon début pour établir une réputation. Si vous êtes recalé, demandez des commentaires au lieu de courir sur les médias sociaux pour dramatiser : vous apprendrez quels sont les points faibles de votre candidature et encore une fois, cela améliorera votre réputation : n’oubliez pas que ne pas être retenu pour un emploi dans une entreprise maintenant ne signifie pas que vous n’y en obtiendrez jamais !

La recherche d’un poste vous oblige à faire quelques efforts. Aucune entreprise ne vous doit un emploi, vous devez le prendre vous-même. Travaillez sur votre processus de candidature, professionnellement.

Trouvez l’entreprise qui aura besoin de votre profil mais ne vous attendez pas à ce que toutes les entreprises aient besoin de votre profil.

Sébastien De Stoop (!)

Nous offrons des programmes best-value-for-money. Vous pouvez rejoindre l’un de nos prochains ateliers en ligne et en direct (réservez votre place ici ou sur Eventbrite) ou demander votre coaching individuel.

Relooker son profil LinkedIn

Dois-je vraiment relooker mon profil LinkedIn? LinkedIn est aujourd’hui une plateforme incontournable pour qui cherche un emploi salarié: dans le monde, ce Réseau “Social” compte officiellement 740 millions de membres. 840 000 entreprises y sont présentes. En France, on estime à 10 millions le nombre d’utilisateurs, dont 98% ont moins de 55 ans: la plateforme regroupe l’équivalent de 30% de la population active (c’est à dire les personnes qui sont en emploi ou au chômage).

A la lecture de ces chiffres, et considérant que “Viadeo” est désormais moribonde, la conclusion s’impose d’elle-même: si vous êtes à la recherche d’un emploi, bien entendu, vous devez avoir un profil LinkedIn. MAIS ce profil ne sera pas forcément votre porte d’entrée dans n’importe quelle entreprise: en France uniquement, on compte environ 150.000 entreprises (hors micro et auto-entrepreneurs), qui sont loin d’être toutes présentes sur LI… Et si 30% de la population active s’y trouver, cela signifie que 70% d’entre elle ne s’y trouve pas!
Désolé, mais comme toujours la lampe d’Aladin n’existe pas, et ce n’est pas avec seulement un super profil LinkedIn que vous trouverez forcément le super-job: vous devez multiplier les canaux de communication utiles pour relayer votre storytelling.

Bon alors, je laisse tomber LinkedIn?!

Bien sur que non. Premièrement parce qu’il y a des chances non négligeables que votre futur employeur s’y trouve (en France, 30%, si vous avez suivi), mais aussi parce que cet outil va vous permettre à la fois de proposer un profil “propre”, mais aussi et surtout d’y mener une prospection active:

  • tout le monde n’a pas le temps, les compétences ou l’envie de se former à, et/ou de créer un portfolio ou un site internet et de faire une mise en page correcte; aussi, un profil LinkedIn est une manière simple et efficace de proposer un profil complet, organisé et agréable à lire.
  • le réseau va vous permettre à la fois d’entrer en contact avec des pairs (des gens qui font le même métier que vous), des recruteurs, et des employeurs potentiels (chefs de services, entrepreneurs). C’est cette construction de réseau, à animer, qui pourra vous apporter des opportunités d’emploi (ou d’affaires pour les freelance).

Ayez une utilisation intelligente de LinkedIn!

Le problème aves les réseaux sociaux est toujours le même: un nombre non négligeable d’utilisateurs n’a aucune idée de quoi en faire, et se contente de collectionner les contacts. Avoir 30 000 suiveurs n’est pas difficile dans l’absolu, mais hormis avoir la plus longue (liste de contacts), cela n’a pas d’intérêt, sans les interactions avec ce “réseau”. Votre objectif doit être d’attirer des profils qualitatifs, et de faire en sorte que les profils-cibles acceptent vos invitations. Nous verrons dans un prochain article comment accepter, refuser, mais aussi purger vos contacts.

Quel look donner à votre LinkedIn?

LinkedIn est une extension naturelle à votre CV, qui va fournir des détails et des preuves de ce que vous avez prétendu faire (pré-tendre: étymologiquement, suivi d’un verbe sous forme infinitive, signifie “avoir l’intention de”, “espérer pouvoir faire”). Aussi votre profil doit-il à la fois répondre à certaines questions, mais aussi ouvrir les portes à des “questions d’entretien”, celles que vous souhaitez aborder…

De manière générale, les plateformes sociales de l’Internet sont le royaume de la bien-pensance: les discours sont lisses, et vont tous dans le même sens. Les modes s’y succèdent, et chaque année voit surgir un ou une gourou toute neuve. Une année, il est trendy d’être favorable aux entreprises apprenantes, puis à l'”empowerment“, on y parle beaucoup de “work / life balance“, et tout cela est… Un bullshit intégral: ces plateformes sont un premier janvier sans fin avec son cortège de bonnes résolutions, jamais appliquées…

Non, je ne vous propose toujours pas d’abandonner LinkedIn, mais d’y travailler en conscience. Pourquoi pas d’ailleurs, puisque le mindfulness, la pleine conscience, est à la mode depuis  2019! Alors, prenez en compte le politiquement correct de votre secteur d’activité, et arrangez-vous pour rester dans ses limites: quelques accrocs (sans gravité), qui vous permettront de présenter rebelle, seront acceptés. Attention toutefois: on peut pimenter un peu son profil, mais le poivre noir est déjà borderline et le piment oiseau, quant à lui, est tout bonnement inacceptable…

Pas de regret à avoir, votre intégrité morale est sauve. Ce que je propose, c’est de créer votre propre “storytelling” (en français “manipuler”) afin de prendre les entreprises à leur propre jeu. Car vous voulez certainement qu’une entreprise vous recrute, comme salarié ou freelance, n’est-ce pas? 

Bannière, photo, et titre du profil.

Votre bannière doit représenter de manière imagée (forcément) et allégorique soit la façon dont vous vous projeter dans votre vie professionnelle, soit comment vous envisagez votre métier (ce qui revient au même). Encore une autre manière de le dire: votre bannière est la déclinaison en image de votre proposition de valeur (que vous avez du définir grâce à cet article).

Votre photo doit être la même que sur vos autres moyens de communication, y compris sur votre CV (je suis partisan de la photo sur le CV, nous en reparlerons). Deux solutions. Primo, la version politiquement correcte actuelle, qui consiste à prendre un pose “volontaire” (air assuré, buste un peu penché vers l’avant) et cool (pas de veste ou de cravate, pas de tailleur): Casual Everyday! Et si vous souhaitez vous affranchir de ces co… convenances, choisissez une photo naturelle, sur laquelle vous avez aussi un sourire (ou un rire) naturel: elle peut avoir été prise dans une situation professionnelle voire personnelle, l’important dans cette hypothèse étant qu’elle ait été prise à votre insu, sans poser. Veuillez noter que les audacieux pourront tout à fait, selon moi, utiliser un avatar: c’est utile si vous ne trouvez pas de bonne photo de vous-même, ou si vous souhaitez sortir du lot!

Votre titre doit ne pas être l’intitulé de votre poste recherché ou actuel, puisque c’est à cet endroit que vous devez inscrire votre proposition de valeur. Pourquoi? Eh bien, d’une part parce que vous devez garder votre attention et votre énergie à des choses qui en valent la peine, et que changer son intitulé de poste à chaque changement de situation professionnelle n’en fait pas partie. Par ailleurs, un intitulé de poste ne dit rien de vous, et particulièrement pas en quoi vous êtes différent des autres. Une bonne proposition de valeur sera beaucoup plus indicative mais aussi attractive.

La rubrique “infos”

Le travail préparatoire à la proposition de valeur est vraiment la pierre angulaire de mon coaching. Aussi, vous ne serez pas très étonnés que le travail fait nous serve, une fois de plus.
La rubrique “infos” va:

  1. dans un premier paragraphe, détailler votre proposition de valeur: qu’est-ce que vous faites bien et que vous proposez à un recruteur (de salariés, de freelance, ou de fournisseurs). C’est ce que les entreprises proposent comme vision.
  2. dans un second paragraphe, comment vous le faites: quelles sont vos techniques, vos moyens pour opérationnaliser votre proposition de valeur. C’est la mission.
  3. enfin, pourquoi vous le faites: quelles sont les valeurs qui sous-tendent votre action, et comment celles-ci se manifestent sous forme de qualités perso-professionnelles. C’est la partie valeurs du triptyque typique…

Une astuce: vous devez définir entre dix et quinze mots clés qui vont structurer votre fameux storytelling. Assurez-vous de les intégrer dans le texte, et pour les plus retords d’entre vous, il est tout à fait possible d’intégrer un dernier paragraphe constitué de mots clés en #…

Expérience et éducation

Cette rubrique est en général la plus rébarbative des profils que je lis. J’ai toujours l’impression que les candidats croient que tout le monde connait les entreprises dans lesquels ils sont passés. Ce qui est faux, bien entendu: d’une part, les PME ou TPE sont majoritaires, et il est rare que même en étant du secteur d’activité, on les connaissent toutes, et d’autre part les grandes entreprises sont souvent (mal) connues par leurs produits. De plus, le service que vous avez géré ou dans lequel vous avez travaillé n’est pas forcément représentatif de ce que produit votre entreprise passée…

Alors:

  • prenez une à deux lignes pour présenter l’Entreprise ou l’Ecole: que fait-elle ou quelle est sa proposition de valeur ou quelle est / quelles sont ses réalisations les plus marquantes? Vous pouvez indiquer son Chiffre d’Affaires, le nombre de ses salariés ou étudiants…
  • quelles étaient vos missions? Pourquoi faire vous payait-on? (Et si vous ne le savez pas… Il y a un problème!) Ou qu’alliez-vous y apprendre?
  • quels ont été vos résultats (chiffrables, tant que possible). Il faut pouvoir quantifier ce que vous avez apporté aux entreprises précédentes, pour que le lecteur puisse envisager ce que vous pourriez lui apporter, à lui.
  • enfin, dernier point, qui va montrer que vous savez prendre un recul positif sur votre expérience: indiquez en quoi cette expérience vous a fait grandir ou quelle est la leçon de vie que vous en avez tiré?

N’hésitez pas non plus à illustrer et à lier chaque expérience avec la page professionnelle de l’organisation, un lien vers son site, des médias montrant ce que vous y avez fait…

Compétences et recommandations

Pour cette section de votre profil, n’oubliez pas que LinkedIn vous demande d’en mettre trois en avant; pensez donc à mettre celles qui vous seront utiles! Par ailleurs, n’oubliez pas de demander à vos anciens collègues, supérieurs ou clients de recommander vos compétences: le service minimum consistera à cliquer sur les compétences qu’ils vous reconnaissent, et le top sera qu’ils écrivent un petit texte mettant en valeur ce qu’ils ont apprécié dans le fait de travailler avec vous.

Et si vous souhaitez un petit “hack”, n’hésitez  pas à vous rendre dans la boutique pour acheter mon ebook (en précommande):
ShaoLin-kedIn, faire décoller sa carrière grâce à UN réseau social
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Réalisations

Cette section vous permet de mettre en avant différents aspects de votre personnalité qui, bien entendu, pourraient intéresser un employeur: les langues que vous étudiez / parlez, les publications, brevets, les prix obtenus, les projets et les cours suivis… Il y a aussi a possibilité d’indiquer (“organisations”) les clubs dans lesquels vous pratiquez vos loisirs…

Il s’agit bien entendu de mettre en lien ces réalisations avec votre objectif professionnel, ainsi qu’aux compétences techniques (hard skills) ou sociales (soft skills), qualités personnelles et valeurs que vous souhaitez mettre en valeur. Vos réalisations viennent soutenir vos propos, elles ne sont pas une manière de faire du remplissage! 

Intérêts

Il ne s’agit pas ici de parler de vos intérêts extra-professionnels (“vélo, lecture, cuisine”: la marque des champions!) Mais des entreprises et des influenceurs qui vous intéressent. Pas forcément des gens que vous “aimez bien”, mais qui ont un intérêt pour votre activité professionnelle. Là aussi, mettez vos intérêts  en accord avec ce que vous “vendez” sur votre profil, et évitez les politiciens!

Le minimum, quand vous faites une candidature, est d’avoir l’entreprise à laquelle vous postulez dans vos intérêts. A moins que vous ne soyez candidat auprès d’entreprises qui ne vous intéressent pas, ce qui vous promet une grande carrière!

Et ensuite?

Il vous reste désormais à créer des publications (posts et articles), à animer votre réseau, et à rentabiliser votre profil. N’oubliez pas que vous avez toutes les chances de changer d’emploi, voire de métier, plusieurs fois dans votre vie: n’abandonnez pas votre profil LinkedIn quand vous êtes en poste! Continuez à alimenter votre fil d’actualités, postez, écrivez des articles, et invitez de nouvelles relations.

On est de retour!

Et voilà! Finies les vacances!

Enfin pour vous, parce que ici, on ne prend pas de vacances… ou plutôt, c’est les vacances au travail (ou le travail en vacances toute l’année). Et vous devriez en faire autant! On vous en reparle bientôt.

Pour cette rentrée 2022, nous avons pris plusieurs résolutions:

  1. Le blog du site va prendre la place qui lui revient. Alors que jusqu’à présent, LinkedIn servait de blog principal, nous rapatrions ici les articles de blogs et les réseaux sociaux serviront de relais.
  2. Nous revenons sur les réseaux sociaux! Eh oui: LinkedIn (que nous n’avions jamais quitté), mais aussi Facebook, Instagram, Twitter et notre page Google Business.
  3. Les newsletter seront toujours au nombre de 4 (21 mars, 21 juin, 21 septembre, 21 décembre), et nous aurons une version envoyée par mail et une version sur LinkedIn. Dans chacune de ces infolettres, nous proposerons des offres exceptionnelles: formations complètes gratuites, coachings et bilans de compétences gratuits…
  4. Retrouvez aussi chaque mois un article de fonds sur l’une des nombreuses facettes du repositionnement professionnel et de la gestion de carrière!

SDS.

L’entretien d’embauche

L’entretien d’embauche, le graal des chercheurs d’emploi… Auquel ils se présentent sans l’avoir préparé! Dans cet article, je ne vais pas traiter des sempiternelles histoires de dix questions qu’il faut connaitre, des “techniques” telles que…”Arriver en avance” (?!) parce que tout cela a déjà été traité en long, en large et de travers, par des gens qui n’y connaissent pas bien plus que vous en la matière, mais qui ont la (mal)chance de devoir écrire des articles pour vivre. Ce dont je vais parler aujourd’hui, c’est de la stratégie que vous devez avoir en tête lorsque vous arrivez en entretien, et de la manière dont vous devez prendre le contrôle.

Rappels préliminaires

Si vous avez eu la chance de m’avoir comme coach (et sinon, il est temps de réserver un premier rendez-vous!) vous avez dû construire une proposition de valeur. Et comme cette proposition de valeur n’existe pas seulement pour faire joli, vous allez l’exploiter ici comme vous avez pu l’exploiter précédemment dans vos outils tels que la lettre de motivation ou votre profil LinkedIn ou lors d’évènements de réseautage… Et si vous n’avez pas construit de proposition de valeur, alors allez le faire: lire cet article sans elle ne sert à rien!

Il n’y a qu’une question en entretien

Tout d’abord, tuons un mythe: en entretien, il n’y a pas de question piège. D’une part parce que tout le monde connait les soi-disant “questions pièges”, et que d’autre part un entretien ne sert pas à piéger mais à connaitre le candidat. J’avoue toujours être sidéré quand je pose la fameuse question “trois qualités et trois défauts” et que la réponse est malhabile: tout le monde connait cette question. Cette question n’est pas un piège: c’est un révélateur de feignasses! Quiconque aurait passé plus de 5 minutes à s’intéresser à ses futurs entretiens aurait forcément une réponse. Ou alors… Peut-être que vous ne voulez pas réellement un job?

Franchement, pourquoi allez-vous en entretien si vous n’avez rien préparé? Restez chez vous: vous perdez du temps, et vous en faites perdre à votre recruteur! Et comme il y a toujours un candidat qui a plus faim que vous, il vous passera devant.

Pour ceux qui souhaitent arrivés préparés en entretien, sachez qu’il n’y a en fait qu’une seule question: “Parlez-moi de vous”. Cette question, longtemps proposée par des recruteurs qui n’avaient pas préparé leur entretien (eux non plus), est en fait ce que l’on peut attendre de mieux d’un entretien, même si elle n’est pas la plus populaire. En général, le candidat va réciter son CV, sur le thème: “j’me présente, je m’appelle Henri, j’aimerais bien réussir ma vie, être aimé-eh” (Daniel Balavoine). Le début de réponse est donc souvent: “Eh bien je m’appelle Tartempion, j’ai tel âge, j’habite à Pétaouchnock, et je suis (titre du job)” et ensuite on a droit à l’expérience ou la formation, selon l’âge du candidat. Vraiment, la vie des recruteurs est difficile. Entendre des platitudes et des discours sans intérêt toute la journée, quel enfer!

Avez-vous remarqué, d’ailleurs, que lorsque les recruteurs vous posent cette question, il plongent leur nez vers votre CV ou leur feuille de notes? Je les soupçonne de dormir, à ce moment. Normal: vous dites des choses qu’ils savent déjà!

Si vous voulez que le recruteur relève le nez de ses papiers et s’intéresse à vous, vous devez le surprendre positivement, et donc faire ce que les autres ne font pas: commencez par votre phrase d’accroche: “j’aide les entreprises à…” Voilà déjà une bonne méthode pour sortir du lot! Puis, vous allez enchainer avec votre proposition de valeur: qu’est-ce que vous faites bien, comment vous le faites mieux/différemment de vos compétiteurs potentiels, pourquoi, et en quoi est-ce intéressant pour les entreprises en général et/ou l’entreprise qui vous reçoit. Vous avez 2 à 3 minutes pour faire cet exercice. Les deux premières minutes contiendront les éléments force, la dernière minute sera illustrative.

Taisez-vous, Elkabbach!

 Cette phrase n’a jamais été prononcée par Georges Marchais, tout comme il n’a jamais dit cette phrase que j’aime beaucoup, et que je cite très souvent: “vous êtes venu avec vos questions, mais moi je suis venu avec mes réponses“. Reste que c’est très exactement ce qu’il faut faire en entretien!

Si votre proposition de valeur tient debout, alors, vous avez de 3 à 5 points importants qu’il faut aborder en entretien: les “ce que je fais bien”. Quand on vous pose la question “parlez-moi de vous” ou “pourquoi devrait-on vous embaucher plutôt qu’un autre”, on vous donne l’opportunité d’organiser l’entretien. Votre proposition de valeur vous permet donc de créer le plan de l’entretien. Si vous êtes clair, votre recruteur notera ces différents points et vous interrogera sur eux. Et comme vous aurez mis en place cette proposition de valeur dans votre CV, votre mail de motivation, votre profil LinkedIn, votre portfolio, cette “petite musique” sera déjà dans sa tête. Vous avez les clés de l’entretien! Profitez-en!

Conclusion

Votre proposition de valeur vous permet de créer l’agenda de l’entretien, et ainsi d’influencer la manière dont celui-ci va se dérouler. Oubliez les phrases “bateau” et les mots vides: vous devez créer du contenu et de la densité. Vous devez impacter l’esprit de la personne qui vous recevra. Bien entendu, il ne s’agit ici que d’un article: difficile d’aborder toutes les techniques que j’aborde dans l’Ebook: “prenez le contrôle en entretien“, qui explicite plus avant cette approche et qui aborde aussi les éléments psychologiques, tels que les biais cognitifs, et l’exploitation des biais de recrutement.

N’oubliez pas que vos compétiteurs ont plus ou moins le même profil que vous, et que personne ne vous embauchera uniquement parce que vous pensez que “vous le valez bien”…

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Les e-mails et lettres de motivation

Les fameuses “lettres de motivation” sont-elles encore un outil utile à une époque où les candidatures sont essentiellement envoyées par mail ou via les plateformes de recrutement? Dans cet article, nous verrons comment optimiser ces documents dans le cadre de votre communication globale de recherche d’emploi.

Quelle est l’utilité des courriers de motivation?

Avant internet, pas de LinkedIn, pas de sites ou blogs personnels, le CV était la porte  de passage vers l’entretien d’embauche, et la lettre de motivation permettait de compléter le profil professionnel exposé dans le CV. Et comme son nom l’indique, à expliquer ce qui motivait le candidat à proposer sa candidature à cette entreprise en particulier.

Aujourd’hui, un candidat quel qu’il soit se doit d’avoir un profil professionnel quelque part: que ce soit LinkedIn, ou un site ou blog personnel, il faut amener le recruteur à lire votre page personnelle. Le courrier de motivation servira alors d’introduction à ce “monde” que vous proposez. Comment faire?

Envoie-t-on une lettre de motivation de nos jours?

Oui… Si on vous la demande! On trouve encore des organisations qui vous  demanderont une lettre “pour mettre dans le dossier”, et il faut bien se plier aux règles, surtout dans le monde de l’entreprise qui n’est pas démocratique, et où le libre-arbitre et la liberté de faire ce que l’on veut sont tout aussi respectés qu’en URSS… Par ailleurs, des sites de recrutement “légèrement” rétrogrades (Pole-Emploi, APEC…) vous demanderont une lettre de motivation. A ne pas négliger, car le gratte-papier “en charge”, qui généralement ne connaitra rien à votre métier, l’utilisera pour se faire une première impression, et donc sélectionner, ou pas, votre candidature. Je vous rassure: ce technocrate à tampon se trouve aussi en entreprise! Mais de moins en moins, puisque la sélection se fait de plus en plus via des logiciels.

Heureusement, de plus en plus l’envoi d’un CV se fait par mail, et s’accompagne uniquement d’un mail d’introduction qui servira de mail de motivation. Pas besoin, désormais, de vous casser la tête avec une lettre de motivation se suffisant à elle-même. Nous allons donc nous focaliser sur cette idée. Ce que nous allons dire ensuite sera valide si on vous demande une lettre spécifique, il suffira alors de faire un peu de mise en page. Voici les règles:

Pas de redites!

Très souvent les courriers de motivation se contentent de reprendre des éléments du CV, ce qui fragilise les deux outils: vous montrez à la fois que vous ne savez pas comment motiver votre candidature, mais aussi que vous trouvez que votre CV n’est pas suffisamment explicite. Hors, votre objectif doit être que le recruteur visite tous vos outils: lettre, CV, page personnelle, voire autres outils. Vous devez donc créer de l’intérêt: votre mail de motivation doit donner envie de lire votre CV tout en créant un a priori positif, et votre CV devra conduire votre lecteur vers vos autres outils.

Le lecteur doit donc trouver du nouveau à chaque étape. Sinon, il considérera que vous radotez et n’ira pas plus loin, considérant avoir vu tout ce qu’il y avait à voir.

Un contrat est synallagmatique!

En français moyen: équilibré. Pour faire une bonne lettre de motivation, vous devez vous souvenir que l’employeur ne vous fait pas une grâce en vous employant (contrairement à tout ce qu’on peut vous raconter): vous échanger vos capacités contre un salaire, et normalement, ce salaire est juste (sinon, eh bien, vous n’acceptez pas!) Vous devez donc oublier les champs sémantiques de l’espoir, de l’attente, et tous les termes qui vont vous mettre en position d’infériorité: quand vous achetez votre baguette chez le boulanger, celui-ci ne devient pas inférieur à vous parce que vous lui donnez de l’argent: vous le rétribuez pour un produit et un service, au prix qui vous parait juste. Mettez-vous en position d’égalité avec votre lecteur. Proposez-lui un “deal”!

La forme: Vous, Moi, Nous

Un bon courrier de motivation fera une dizaine de lignes (sur un format A4, typo Arial 10, par exemple).

Dans l’objet du mail ou de la lettre, on indiquera: “candidature au poste de ABCD, offre 1234 parue sur le-site-untel le telle-date” ou, pour une candidature spontanée, “offre de services métier-visé“. C’est court, efficace, et cela indique bien ce que vous recherchez: inutile de “faire des tartines”!

Première partie: “vous”

Dans la première partie, vous allez indiquer les tâches à effectuer à la fois recherchées par l’entreprise mais aussi que vous pouvez remplir au mieux. Comme elles sont censées être en adéquation avec votre profil – sinon, pourquoi postuler? – vous allez pouvoir enchainer avec votre proposition de valeur, ce qui vous servira de transition, et conclure que c’est la raison pour laquelle vous proposez votre candidature.

Exemple: “vous recherchez actuellement une personne pour accompagner les chercheurs d’emploi dans leur transition professionnelle: j’aide les gens à trouver la carrière qui rendra leur vie meilleure, et c’est pourquoi je vous propose mes services.”

Deuxième partie: “moi”

Difficile de faire une deuxième partie à votre sujet si vous ne reprenez pas votre CV, me direz-vous. Eh bien, en fait, si. Comme dans la première partie vous avez glissé votre proposition de valeur, il ne vous reste ici qu’à introduire deux choses:

  • premier paragraphe: techniquement, comment faites vous ce que vous dites faire
  • deuxième paragraphe: quelles sont les valeurs à faire les choses comme vous le faites (c’est le “pourquoi”).

On retrouve ici ce qui sera développé dans la rubrique “infos” de votre profil LinkedIn, mais d’une part en plus court, et d’autre part, mis en phase avec le profil de l’entreprise que vous visez. Car oui, qu’il s’agisse d’une offre d’emploi – qui vous donnera toutes les informations dont vous aurez besoin – ou d’une candidature spontanée – pour laquelle vous devrez chercher à retrouver les informations qui vous seront utiles, c’est ce paragraphe qu’il faudra adapter pour déjà faire comprendre que vous correspondez à l’esprit “maison”: tout autant les techniques que les valeurs que vous mettrez en avant dans votre courrier doivent correspondre à ce qui est attendu dans l’entreprise.

Notez que cela ne vous empêche pas de faire des publipostages, simplement vous devrez ajouter deux champs calculés…

Dernière partie: Vous & Moi (“Nous”)

Voici la partie la plus simple. Ici, vous allez simplement proposer au recruteur de vous rencontrer. Vous n’allez pas espérer que votre candidature l’intéressera, vous n’allez pas être dans l’attente d’une réponse. Vous allez proposer, par exemple, “d’évoquer ces points ainsi que tous ceux que vous jugerez utile lors d’un entretien prochain“. Vous devez être proactif.

Une formule de politesse très simple (“bien cordialement” ou “très sincèrement”), une signature, et voilà: le tour est joué!

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